Someone Like You au piano : la majeur au disque, sol ou fa en édition facile
Le disque est en la majeur, les éditions faciles descendent en sol ou en fa, et ce choix se règle avant de s’asseoir. Ce qu’il change pour la main, pour la voix qu’on accompagne, et les cinq catalogues où la partition de la chanson d’Adele existe vraiment.



10 heuresPublié le 24 octobre 2026 à 11:21
de lecture
Sur le disque, Someone Like You tient en deux éléments : une voix et un piano, rien d’autre pendant quatre minutes quarante-cinq. La main droite y déroule la même figure de notes brisées d’un bout à l’autre, et c’est elle que le pianiste vient chercher. Le premier choix se fait pourtant en amont du clavier, au moment d’ouvrir une édition : la version d’origine est publiée en la majeur, trois dièses à la clé, alors que les éditions faciles du même titre sortent en sol ou en fa.
Deuxième chose à savoir avant de chercher : la chanson date de 2011, ses deux auteurs sont vivants, et la partition s’achète. Les éditions en règle tournent autour de cinq euros, et le titre est servi par cinq catalogues, du feuillet en grosses notes à la version avec orchestre.
Deux jours de studio, une démo restée sur le disque
Adele et Dan Wilson se rencontrent au Harmony Studios, à West Hollywood, et travaillent deux jours ensemble. Elle arrive avec l’idée du couplet, jouée à la guitare ; il la reprend au clavier, et c’est cette couleur qui emporte la décision. Wilson cosigne la musique, coproduit le titre et tient le piano sur la prise.
Cette prise devait servir de démo. Wilson raconte qu’il attendait une grande version ensuite, avec cordes et chœurs. Elle n’est jamais venue : ce qui a été enregistré à la fin de la session est ce qui a été publié, le 24 janvier 2011, jour de la sortie de l’album « 21 ». Trois semaines plus tard, le 15 février, la prestation d’Adele aux Brit Awards, seule avec un piano, fait remonter le titre de quarante-six places ; il prend la tête du classement britannique, y reste cinq semaines et termine meilleure vente de l’année au Royaume-Uni, à plus de 1 240 000 exemplaires. En février 2012, la chanson reçoit le Grammy de la meilleure prestation pop en solo. Elle serait aussi la première ballade pour voix et piano seuls à avoir atteint la première place du Billboard Hot 100.
La main droite déroule, elle ne plaque pas
L’accompagnement repose sur une cellule de quatre notes, reprise sur chaque accord : la note du bas, celle du milieu, celle du haut, puis à nouveau celle du milieu. Elle tourne sans interruption, et la main gauche pose dessous des octaves, ou des quintes pour les mains qui n’atteignent pas encore l’écart sans se déformer.
Le couplet tient sur quatre accords de la majeur : la, do dièse mineur, fa dièse mineur, ré. Écrits ainsi, ils cachent le mouvement qui fait le morceau, car la basse descend la, sol dièse, fa dièse, ré, ce qui explique le sol dièse porté sous le do dièse mineur dans les grilles d’accords. Le refrain garde la même cellule et change d’harmonie deux fois plus vite : c’est là que le débit se dérègle. Qui cherche encore ces positions sur le clavier les trouvera dans notre article sur les accords au piano.
Aucune note du morceau n’est difficile à trouver. L’exigence est ailleurs : la cellule ne s’arrête jamais et garde le même débit sous une voix qui, elle, respire et prend son temps. Ces arpèges font office de seconde voix, en contrepoint du chant. Le pianiste qui joue seul hérite donc de deux lignes et doit trancher, à chaque phrase, laquelle il met en avant. La question ne se pose pas dans les mêmes termes sur un accompagnement en accords répétés comme celui d’Imagine au piano, où la hiérarchie se joue à l’intérieur de l’accord.
La majeur au disque, sol ou fa en édition facile
La tonalité de publication est la majeur, trois dièses à la clé. Les fiches produit concordent : Musicnotes l’annonce comme tonalité d’origine sur ses éditions principales, Tomplay imprime la même armure sur sa version sous licence, Quickpartitions vend son piano-chant dans cette tonalité. Le tempo porté sur les éditions est une noire autour de 67, avec une indication de ballade ; les valeurs deux fois plus rapides qu’on croise ailleurs décrivent la même vitesse sur une autre unité.
Les éditions faciles ne touchent pas qu’au texte, elles changent d’armure. Deux éditions en grosses notes coexistent : l’une en sol majeur, huit pages, l’autre en fa majeur, cinq pages, signée de l’arrangeur Phillip Keveren. Musicnotes propose en supplément de transposer avant impression dans sept tonalités, du si bémol au sol.
Ce déplacement n’est pas neutre sous les doigts. En la majeur, la cellule s’appuie sur fa dièse, do dièse et sol dièse : les touches noires calent la main et donnent au geste un repère que le do majeur, tout blanc, lui retire. Une armure plus légère retire en revanche des dièses à la lecture, ce qui compte quand on déchiffre. Le vrai arbitrage concerne la voix : la ligne chantée part d’un fa dièse grave et culmine sur un mi au refrain, presque deux octaves plus haut. Descendre en sol enlève un ton à ce sommet, descendre en fa une tierce majeure. Quand l’éditeur ne propose aucune transposition, elle se mène à la main, et notre article transposer une partition compare les quatre méthodes et ce qu’elles coûtent.
| Ce que vous voulez en faire | L’édition à ouvrir | Ce que cela change |
|---|---|---|
| Retrouver ce qu’on entend sur l’enregistrement | Piano-chant en la majeur, huit ou neuf pages selon le catalogue | Trois dièses à la clé, la cellule dans sa position d’origine |
| Chanter en vous accompagnant | La même, transposée en sol ou en fa | Le sommet du refrain descend d’un ton ou d’une tierce majeure |
| Jouer le morceau seul, mélodie comprise | Un arrangement piano solo, cinq pages, sans paroles | La mélodie passe dans les mains, l’équilibre est à construire |
| Déchiffrer en première année | Une édition en grosses notes, publiée en sol ou en fa | Cinq à huit pages, armure allégée, texte réduit |
Où la partition existe vraiment
La chanson date de 2011 et ses deux auteurs sont vivants : elle est protégée, et pour des décennies. Chercher le titre sur IMSLP ne mène donc nulle part, cette bibliothèque ne mettant en ligne que le domaine public et les dépôts que leurs auteurs ont placés sous licence libre. Quant aux fichiers annoncés gratuits, ce sont des relevés publiés sans autorisation, et leur contenu n’engage que celui qui les a tapés. Ce qui sépare une œuvre libre d’une œuvre encore tenue par ses ayants droit fait l’objet d’un article à part sur les partitions de piano gratuites.
La ligne de copyright imprimée sur les éditions régulières nomme trois maisons : Melted Stone Publishing, BMG Monarch et Sugar Lake Music, la reproduction étant autorisée par Hal Leonard Europe sur les fiches Tomplay. Musicnotes affiche Universal Music Publishing Group comme administrateur, Quickpartitions imprime Universal et BMG Rights Management côte à côte. Sur une chanson partagée entre trois éditeurs, cette ligne se lit avant le prix.
Cinq catalogues portent le titre, fiche ouverte le 17 août 2026. Musicnotes en propose plusieurs états : le piano-chant-guitare en la majeur sur huit pages, un piano solo de cinq pages sans paroles, et les deux éditions en grosses notes déjà citées, autour de quatre à cinq euros pièce. Tomplay décline le morceau en sept paliers pour piano seul, du très facile à l’avancé, et ajoute une version où le pianiste accompagne la voix et l’orchestre, un peu moins de six euros. Noviscore, éditeur français, publie quatre niveaux jusqu’au niveau Expert, cinq pages chacun, avec des déclinaisons quatre mains, piano-chant et clavier arrangeur, plus une option où les noms des notes sont écrits sur la partition. Quickpartitions vend un piano-chant de neuf pages en la majeur, transposable avant impression. OKTAV édite son propre accompagnement et le classe à 44 sur 100 sur son échelle de difficulté.
Le papier existe sous deux formes chez Hal Leonard : le songbook de l’album, onze titres sur quatre-vingts pages pour une vingtaine de dollars, et un feuillet consacré au seul morceau, douze pages en version facile, affiché en réassort le 17 août 2026. Ceux qui préfèrent le relié à la feuille agrafée trouveront d’autres volumes de ce genre côté boutique, dans le rayon de partitions de piano.
Monter le morceau par la figure, pas par les pages
Tout le reste découle de la cellule d’accompagnement, donc le travail commence par elle et se poursuit dans cet ordre.
- La cellule sur un seul accord, doigté écrit au crayon. Jouez-la en boucle sur l’accord de la du début, jusqu’à ce que le geste tienne sans que le poignet monte. Notez le doigté une fois et tenez-vous-y, y compris quand la fatigue en propose un autre.
- Le passage d’un accord au suivant, sans couture apparente. La cellule doit franchir le changement d’harmonie sans trou ni accent. Travaillez deux accords à la fois, en boucle, avant de regarder la suite du couplet.
- La main gauche, octaves ou quintes, choisie une bonne fois. Les deux tiennent debout sous cette cellule. Ce qui compte est de ne pas changer d’avis en cours de route, parce que la position du bras et l’équilibre sonore en dépendent.
- Le refrain monté à part. L’harmonie y avance deux fois plus vite pendant que la cellule garde son débit : travaillez-le à part, à un tempo qui vous paraîtra ridicule, puis raccordez-le au couplet par la mesure qui les relie.
- Le partage entre le chant et le piano, décidé avant de jouer. Avec un chanteur, la cellule reste en dessous et ne réclame rien. Seul au clavier, il faut bien que la mélodie passe quelque part, et l’arrangement solo la place dans les mains : je le compte pour un second texte à apprendre. Notre tuto de Mistral gagnant au piano traite ce partage sur une chanson française.
Un pianiste capable de faire tourner cette cellule quatre minutes sans qu’elle se déforme gagne plus qu’un morceau : le geste ressert dans une bonne part du répertoire de chanson accompagnée au clavier. Et si les trois dièses de l’armure freinent le déchiffrage, l’article lire une partition de piano repart des altérations et des valeurs rythmiques.
Questions fréquentes
Pour aller plus loin
Ces articles pourraient aussi vous intéresser










