Aller au contenu principal

Un morceau terminé ne se dépose pas sur Spotify. Le service l’écrit sur sa page d’aide : la musique y arrive par un distributeur, qui la livre aux plateformes et reverse les redevances. Le pianiste qui vient de fermer son mix découvre un intermédiaire dont personne ne lui a décrit le métier, un formulaire qui réclame un format audio précis, une pochette au pixel près, deux numéros d’identification, et une case à cocher qui l’engage dès qu’il joue la musique d’un autre.

Tout ce qui suit sort de pages rouvertes le 17 août 2026 : l’aide de Spotify for Artists, la documentation des distributeurs qu’il référence, les publications de l’agence ISRC, Légifrance pour les articles cités. Les montants valent à cette date.

Ce que le distributeur prend en charge

Son travail commence là où le vôtre s’arrête : il reçoit le fichier audio, la pochette et les métadonnées, les met au format attendu par chaque service, les livre, puis encaisse et vous reverse les redevances d’enregistrement. Spotify publie un annuaire des fournisseurs qu’il qualifie de préférés et recommandés : DistroKid, CD Baby, TuneCore, RouteNote, Amuse et le français Wiseband y figurent.

Deux choses échappent à ce périmètre, et leur absence explique bien des déceptions. Les redevances d’édition d’abord : Spotify les verse aux éditeurs et aux sociétés de gestion, quand le distributeur se tient du côté de l’enregistrement. La mise en avant ensuite : la proposition d’un titre aux éditeurs de playlists part de votre compte Spotify for Artists, pas de lui.

Le dossier à réunir avant d’ouvrir un compte

Les exigences suivantes viennent des pages techniques de Spotify.

ÉlémentCe que Spotify demandeCe qui coince le plus souvent
Fichier audioFLAC préféré, WAV accepté aux mêmes conditions, 44,1 kHz ou plus, 24 bits si c’est le master d’origine, 16 bits à défautUn WAV exporté en 0xFFFE alors que le code attendu est 0x0001
PochetteTIFF, PNG ou JPG sans perte, carré, de 640 à 10 000 pixels de côté, sRGB à 24 bits par pixelUne image agrandie depuis un original trop petit, et les profils colorimétriques embarqués
MétadonnéesTitre, nom d’artiste et rôles renseignés au niveau du titre comme de la sortieLes crédits d’auteur oubliés, à faire renvoyer ensuite
Date de sortieUne livraison au moins sept jours avant, pour laisser aux éditeurs le temps d’écouterUne date à trois jours, qui coûte le Release Radar

Le fichier livré sort de la chaîne habituelle : le mixage audio assemble les pistes, le mastering audio fixe le niveau et le format d’export. Un fichier MIDI ne se livre pas, faute de contenir un son. Pour la captation, nos repères sur enregistrer son piano chez soi et sur enregistrer sa voix passent avant le reste, et le rayon logiciels pour la MAO fournit de quoi exporter.

ISRC et UPC, les numéros qui suivent le morceau

L’ISRC identifie un enregistrement, pas une œuvre. Douze caractères : un préfixe de cinq caractères attribué par une agence, deux chiffres d’année, cinq chiffres choisis par le déclarant et jamais réutilisés dans l’année. La SCPP est l’agence nationale française depuis 1989 et attribue les codes déclarants aux producteurs ; l’agence internationale, hébergée par l’IFPI, en délivre aussi à l’unité aux artistes autoproduits.

Le code suit l’enregistrement toute sa vie, malgré les changements de distributeur, de propriétaire ou de type de fichier. Un enregistrement modifié dans son contenu musical en réclame un nouveau : l’agence cite les durées différentes, les autres mixages, les remontages à partir de pistes. Rejouer une nocturne l’année suivante donne un autre numéro.

L’UPC identifie la sortie, le produit commercial qui regroupe un ou plusieurs titres. Les deux se génèrent chez le distributeur sans supplément : DistroKid attribue un ISRC à chaque titre qui n’en a pas, crée un UPC par sortie et n’en accepte aucun venu d’ailleurs. Ces numéros décident de tout quand cinquante pianistes publient la même pièce.

Payer à l’année, à la sortie, ou sur les revenus

Trois façons de facturer coexistent, aux conséquences inverses le jour où vous arrêtez.

ModèleExemple relevé le 17 août 2026Le jour où vous arrêtez
Abonnement annuelDistroKid, de 23,99 € à 81,99 € par an selon le plan, envois illimités, aucune commissionLes sorties sont retirées des services, sauf option souscrite sortie par sortie
Frais unique par sortieCD Baby, 9,99 $ le single et 14,99 $ l’album, sans abonnement, commission de 9 % sur streaming et téléchargementRien ne bouge : la sortie reste en ligne, la commission s’applique toujours
Gratuit contre partageRouteNote, 85 % des revenus nets pour l’artiste en formule gratuite, 100 % en formule premium payanteRien à arrêter : le partage des revenus est le prix

Le retrait au non-renouvellement est le point que les comparatifs oublient, et il pèse sur un petit catalogue. Un abonnement se paie tous les ans, y compris ceux où rien ne rentre ; une commission ne coûte rien tant que rien ne rentre. Le calcul s’inverse dès qu’une pièce trouve son public.

Le cas des reprises

Enregistrer la chanson d’un autre est un acte de reproduction. L’article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle déclare illicite toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, et met sur le même plan la traduction, l’adaptation, la transformation et l’arrangement. Une reprise n’est donc pas libre de diffusion : la question porte sur le circuit par lequel ce droit se règle.

Les distributeurs travaillent avec une typologie à connaître avant le formulaire. La reprise fidèle garde les paroles, la mélodie, l’arrangement et le genre de l’original. Dès que l’un de ces éléments bouge, la version devient un edit ou une adaptation, pour laquelle ils réclament une autorisation des ayants droit, terrain de notre article sur l’arrangement musical. Un remix met en jeu un droit de plus, celui du propriétaire de l’enregistrement d’origine, et les sons pris dans une banque de sons gratuite ont leur propre régime.

Ce qu’on vous demandera ensuite dépend du distributeur et du territoire, et les sources ne concordent pas. DistroKid fait sécuriser une licence mécanique obligatoire par la Harry Fox Agency, la facture douze dollars par an et par reprise, et annonce jusqu’à quatorze jours ouvrés pour l’obtenir. TuneCore demande d’obtenir cette licence auprès d’un tiers avant la sortie numérique. Un troisième distributeur soutient qu’une reprise fidèle n’en appelle aucune, à condition d’exclure l’Amérique du Nord. Le droit américain a changé de mécanique : depuis 2021, une licence globale est délivrée aux services numériques, administrée par le Mechanical Licensing Collective, et l’office du copyright n’accepte plus les déclarations titre par titre. Ce désaccord reste entier et nous ne l’arbitrons pas ; ce qui vous lie est le contrat du distributeur que vous aurez signé.

Du côté français, Spotify verse les redevances d’édition aux éditeurs et aux sociétés de gestion. Des sources professionnelles décrivent des accords entre les plateformes et la société française de gestion qui couvriraient la reprise fidèle sans démarche individuelle ; aucune page officielle de cette société n’a pu être consultée pour le confirmer, d’où le conditionnel.

Le formulaire, lui, a des règles vérifiables. TuneCore demande de créditer tous les auteurs d’origine avec le rôle « Songwriter », de ne jamais placer l’interprète d’origine dans les champs artiste, et de ne pas l’annoncer dans le titre : « (Cover) » et « (Acoustic Version) » passent, « (Originally Performed by…) » est refusé. Le même document signale que les magasins écartent les reprises calquées à l’identique sur l’original.

Une interprétation de Chopin relève d’une autre situation. Le compositeur est mort le 17 octobre 1849, et l’article L. 123-1 réserve à l’auteur le droit exclusif d’exploitation sa vie durant, puis à ses ayants droit pendant l’année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent : l’œuvre est libre. Votre enregistrement, lui, reste protégé : l’article L. 212-3 soumet à l’autorisation écrite de l’artiste-interprète la fixation de sa prestation, sa reproduction et sa communication au public, et c’est ce que l’ISRC identifie. L’arrangement récent d’une œuvre ancienne appartient à son arrangeur, ce qui rend le choix de la partition moins neutre qu’il n’y paraît. Les formulaires raisonnent en outre sous droit américain : DistroKid place dans le domaine public les œuvres publiées en 1929 ou avant, borne étrangère au code français.

Une fois le morceau en ligne

La date de sortie n’est pas une case anodine. Spotify demande de livrer au moins sept jours avant elle pour laisser à ses éditeurs le temps d’écouter, et le même délai conditionne l’apparition du titre dans le Release Radar de vos abonnés. Un seul titre se propose à la fois, plus aucun une fois sorti.

Le second point est plus rude. Un titre doit avoir atteint mille écoutes sur les douze mois précédents pour entrer dans le calcul des redevances d’enregistrement, seuil doublé d’un nombre minimal d’auditeurs uniques que Spotify garde confidentiel. En dessous, les écoutes sont comptées et ne paient rien. Au-dessus, aucun tarif par écoute ne s’applique : Spotify déduit la part d’un ayant droit du streamshare, la proportion des écoutes du mois allées à sa musique, ce qui rend fausse toute projection faite avec un prix unitaire. Les redevances d’édition échappent à ce calcul.

Le choix de distribuer ou non précède la question du prix. Publier une pièce isolée donne un numéro, une page d’artiste et une ligne de catalogue, pas des auditeurs. Un pianiste qui enregistre pour se réécouter ou pour envoyer un lien à son professeur n’a besoin d’aucun distributeur. La distribution sert le jour où il existe une sortie à annoncer, une régularité à installer, ou un public à retrouver là où il écoute. Ce que recouvre la musique assistée par ordinateur, du premier micro au fichier livré, fait l’objet d’un tour d’horizon distinct.

Questions fréquentes

Prix relevés chez les revendeurs

Mis à jour régulièrement

Historique des prix

Pour acheter au bon moment

Aucun surcoût

Même prix via nos liens

Achat chez le revendeur

Livraison et retours chez lui

Piano, home studio, MAO

Des guides spécialisés