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La demande revient au moins une fois par trimestre dans mes cours : jouer du Einaudi. « Nuvole bianche » d’abord, « Una mattina » ensuite. Chercher une partition d’Einaudi ressemble pourtant peu à chercher une sonate de Mozart : le compositeur est vivant, son œuvre est protégée, et les PDF qui circulent sur les forums n’ont aucune existence légale. Ce guide remet les choses à plat : un portrait en trois phrases, ses pièces classées par difficulté réelle plutôt que par réputation, puis les endroits où acheter ses partitions sans se tromper.

Ludovico Einaudi en trois phrases

Né à Turin le 23 novembre 1955 dans une famille où l’on publiait des livres, petit-fils de Luigi Einaudi, président de la République italienne de 1948 à 1955, il sort du conservatoire Verdi de Milan avec un diplôme de composition en 1982, l’année où il suit la classe d’orchestration de Luciano Berio. Formé au contact de l’avant-garde, il prend le chemin inverse au milieu des années 1980 : structures minimalistes, motifs mélodiques répétés, piano au centre de tout, puis des musiques de film dès les années 1990. De son premier album de piano solo, Le Onde (1996), inspiré du roman The Waves de Virginia Woolf, jusqu’à The Summer Portraits (2025), ses disques et ses bandes originales, d’Intouchables (2011) à Nomadland et The Father (2020), l’ont conduit jusqu’aux deux soirs qu’il a donnés à l’O2 de Londres en juillet 2026.

Son actualité de l’été tient dans un disque : The Summer Portraits Live, paru le 12 juin 2026 chez Decca et capté au Royal Albert Hall l’année précédente. Onze titres, dont « Experience », « Nuvole bianche » et un nouvel arrangement d’« I Giorni » : de quoi entendre l’auteur jouer lui-même les pièces que tout le monde travaille.

Ses morceaux classés par difficulté

Une réputation colle à cette musique : elle serait facile. Elle est lisible, ce qui n’est pas la même chose. Les armures restent sages, les rythmes tiennent en deux ou trois cellules, la main droite chante souvent seule au-dessus de son accompagnement. La difficulté arrive après le déchiffrage : tenir un arpège égal pendant quatre minutes, doser une pédale presque toujours enfoncée, faire enfler une intensité sur cinquante mesures sans durcir le son. Ces exigences d’endurance et d’oreille expliquent pourquoi tant de pianistes s’arrêtent à la troisième page.

Accessibles dès la deuxième année : Una mattina et Fly

« Una mattina », qui donne son titre à l’album de 2004 et que le public français a découverte dans la bande originale d’Intouchables, reste la vraie porte d’entrée. Tempo lent, main gauche en accords tenus et en basses répétées, mélodie bâtie sur une poignée de notes qui reviennent : un élève de deuxième année en vient à bout. Le travail utile porte sur la pédale, changée à chaque harmonie, et sur la conduite du chant, qui doit passer au-dessus de l’accompagnement sans le couvrir. « Fly », tirée de Divenire (2006) et présente elle aussi dans le même film, se travaille dans la foulée : accompagnement régulier, harmonie stable, aucun déplacement acrobatique.

Si le déchiffrage freine encore, notre méthode pour lire une partition de piano remet les repères en place ; « Nuvole bianche » figure quant à elle dans notre sélection de morceaux de piano faciles pour débutants, aux côtés de pièces du même ordre.

Le cœur du répertoire : Nuvole bianche, I Giorni, Le Onde, Experience

« Nuvole bianche », publiée sur l’album Una mattina en 2004, est la pièce que l’on range à tort chez les débutants. Ses deux premières pages le sont : arpège de main gauche en croches, accords de main droite, noire à 40. La section centrale change de monde, avec des doubles-croches continues à la main gauche qui doivent rester égales pendant que la droite double la mélodie en octaves, puis une fin qui demande de l’endurance. Musicnotes vend l’édition piano solo en huit pages et, à côté, une version « easy piano » simplifiée : l’élève qui achète la première en croyant prendre la seconde le découvre à mi-parcours.

« I Giorni », qui ouvre l’album de 2001, repose sur un arpège de main gauche qui ne s’interrompt jamais : toute la difficulté consiste à le garder égal tandis que la dynamique enfle puis retombe. « Le Onde », pièce-titre du premier album de piano solo, joue de la houle empruntée à Virginia Woolf, avec des ondulations qui traversent le clavier et réclament un poignet souple plutôt que des doigts fermes. « Experience », parue sur In a Time Lapse en 2013, mérite une précision : la version d’origine associe le piano à des cordes, avec le violoniste Daniel Hope en soliste, et les partitions pour piano seul en sont des arrangements. Son motif répété sur plusieurs minutes met à l’épreuve la concentration autant que la main.

Cette répétition assumée rapproche Einaudi d’un aîné français : la première Gymnopédie de Satie tient elle aussi sur trois idées qui reviennent, et elle piège pour les mêmes raisons, la lenteur ne pardonnant aucune irrégularité.

Pour pianistes avancés : Divenire et Primavera

L’album Divenire a été enregistré en 2006 avec le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra dirigé par Robert Ziegler : ses deux pièces maîtresses sont d’abord des partitions d’orchestre, dont les recueils donnent la réduction pour piano. « Divenire », près de sept minutes, construit une montée continue où la main gauche passe en doubles-croches sous les accords de la droite ; il faut y gérer sa réserve de son pour ne pas arriver au sommet essoufflé. « Primavera » va plus loin, avec sept minutes et demie d’écriture dense, des écarts larges à la main gauche et des changements de registre qui imposent de vrais déplacements. Ces deux-là réclament la même chose qu’une ballade de Chopin : tenir la forme entière et garder la tension jusqu’à la dernière page.

NiveauMorceauxPoints de travail
Deuxième ou troisième année« Una mattina », « Fly », versions « easy piano » des grands titresPédale changée par harmonie, chant au-dessus de l’accompagnement, régularité de la main gauche
Intermédiaire (3 à 5 ans)« Nuvole bianche », « I Giorni », « Le Onde », « Experience » en arrangementDoubles-croches égales sur la durée, octaves à la main droite, endurance, souplesse du poignet
Avancé« Divenire », « Primavera »Réduction d’orchestre, longues progressions dynamiques, écarts larges, tenue de la forme

Où trouver ses partitions légalement

Ludovico Einaudi est vivant et compose : son œuvre entière est protégée par le droit d’auteur, et le restera longtemps après lui. La conséquence est directe : vous ne trouverez pas une note de sa musique sur IMSLP, la grande bibliothèque en ligne étant réservée aux œuvres tombées dans le domaine public, et les fichiers gratuits qui circulent sur les forums sont des copies illégales. Notre guide des partitions de piano gratuites détaille cette frontière entre répertoire libre et répertoire protégé. La bonne nouvelle tient en un ordre de grandeur : une pièce à l’unité chez un éditeur licencié coûte quelques euros.

Les recueils officiels, album par album

Son éditeur s’appelle Chester Music, et la boutique officielle du compositeur vend une dizaine de recueils de piano : Le Onde, Una Mattina, I Giorni, Eden Roc, In A Time Lapse, Elements, Underwater, The Summer Portraits, l’anthologie Islands, sous-titrée « Essential Einaudi », et le volume Solo Piano, vingt pièces reliées sous coffret. Comptez une quinzaine à une vingtaine d’euros par recueil d’album, davantage pour les éditions reliées. L’éditeur les classe en niveau intermédiaire, ce qui recoupe l’expérience du pupitre : le texte y est donné dans sa version originale, sans simplification.

Les plateformes licenciées, morceau par morceau

Pour un seul titre, trois sources vérifiées. Musicnotes consacre une page à l’artiste et vend ses pièces à l’unité pour quelques euros, en version originale comme en arrangement facile : de quoi acheter « Nuvole bianche » et rien d’autre. Tomplay propose les mêmes pièces en partition interactive, avec accompagnement, doigtés et tempo réglable, sous licence Chester Music affichée en clair. Noviscore, enfin, édite ses propres arrangements sur plusieurs niveaux, mais couvre une part confidentielle du catalogue, « I Giorni », « Due Tramonti », « Stella del Mattino » ou « Writing poems » : les grands tubes n’y sont pas.

Le recueil s’adresse à qui veut vivre avec un album entier sur le pupitre ; l’achat à l’unité convient au pianiste qui vise un morceau précis, pour une audition, une vidéo, un mariage. Et si le pupitre demande à être garni au-delà d’un seul compositeur, notre rayon de partitions de piano réunit recueils et méthodes de tous niveaux, dont un volume de quarante pièces d’Einaudi pour piano solo.

Ce qu’il vaut mieux écarter

  • Toute page qui propose une partition d’Einaudi en téléchargement gratuit sans nommer d’éditeur : pour une œuvre protégée, l’absence de licence affichée est un signal en soi.$0
  • Les banques communautaires de transcriptions, où quelques éditions sous licence côtoient une majorité de relevés d’amateurs : la mention de l’éditeur fait foi.$0
  • Les PDF gratuits qui circulent sur les forums et les groupes de messagerie : ce sont des contrefaçons, souvent relevées à l’oreille, aux rythmes approximatifs et sans le moindre doigté.$0
  • Toute page qui propose une partition d’Einaudi en téléchargement gratuit sans nommer d’éditeur : pour une œuvre protégée, l’absence de licence affichée est un signal en soi.$0 Les banques communautaires de transcriptions, où quelques éditions sous licence côtoient une majorité de relevés d’amateurs : la mention de l’éditeur fait foi.$0 Les vidéos à touches tombantes comme support unique : elles font avancer quelques semaines, puis le pianiste plafonne, faute de texte fixé.$0 Le choix du morceau vient ensuite, et c’est là que je vois le plus d’abandons : une pièce prise pour sa brièveté plutôt que pour sa musique ne tient pas trois semaines sur le pupitre. Chez Einaudi, la motivation compte double, puisque le travail consiste avant tout à répéter un même geste jusqu’à ce qu’il devienne du son. Questions fréquentes
    • Les PDF gratuits qui circulent sur les forums et les groupes de messagerie : ce sont des contrefaçons, souvent relevées à l’oreille, aux rythmes approximatifs et sans le moindre doigté.$0 Toute page qui propose une partition d’Einaudi en téléchargement gratuit sans nommer d’éditeur : pour une œuvre protégée, l’absence de licence affichée est un signal en soi.$0 Les banques communautaires de transcriptions, où quelques éditions sous licence côtoient une majorité de relevés d’amateurs : la mention de l’éditeur fait foi.$0 Les vidéos à touches tombantes comme support unique : elles font avancer quelques semaines, puis le pianiste plafonne, faute de texte fixé.$0 Le choix du morceau vient ensuite, et c’est là que je vois le plus d’abandons : une pièce prise pour sa brièveté plutôt que pour sa musique ne tient pas trois semaines sur le pupitre. Chez Einaudi, la motivation compte double, puisque le travail consiste avant tout à répéter un même geste jusqu’à ce qu’il devienne du son. Questions fréquentes
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