La La Land au piano : les morceaux du film et leurs partitions


Un pianiste de jazz qui rêve d’ouvrir son club, une comédienne qui enchaîne les auditions : La La Land a remis le piano au centre de l’écran. Depuis la sortie du film, son thème principal et « City of Stars » comptent parmi les musiques de film les plus demandées au clavier. Ce guide classe les morceaux par difficulté, recense les partitions disponibles en toute légalité et détaille une méthode en trois étapes pour apprivoiser le thème principal.
Une comédie musicale écrite autour du piano
En 2016, Damien Chazelle filme Los Angeles comme un décor de comédie musicale. Mia, servie par Emma Stone, y croise Sebastian, interprété par Ryan Gosling : un pianiste de jazz attaché aux standards, décidé à ouvrir un jour son propre club. La musique originale est signée Justin Hurwitz ; les chansons du film portent des paroles de Benj Pasek et Justin Paul. Sebastian défend un jazz sans compromis, et son univers déteint sur toute la partition ; notre guide du piano jazz prolonge cette ambiance côté clavier.
La reconnaissance a suivi. Aux Oscars 2017, le film cumule quatorze nominations, un record égalé, et repart entre autres avec les statuettes de la meilleure réalisation et de la meilleure actrice. Justin Hurwitz reçoit celle de la meilleure musique originale, puis, avec ses deux paroliers, celle de la meilleure chanson originale pour « City of Stars », déjà couronnée d’un Golden Globe. « Audition (The Fools Who Dream) » concourait dans la même catégorie. À 32 ans, Hurwitz comptait parmi les plus jeunes lauréats de l’histoire de la catégorie.
Dans le récit, le clavier tient le rôle de narrateur. Le thème des deux héros, « Mia & Sebastian’s Theme », naît sous les doigts de Sebastian dans le restaurant où Mia l’entend pour la première fois, revient à chaque tournant de leur histoire et referme le film dans l’épilogue. Peu de longs-métrages offrent au piano une place aussi centrale : c’est ce qui rend ces pages si tentantes à jouer.
Quels morceaux jouer, du plus abordable au plus exigeant
Les recueils officiels réunissent dix pièces du film. Toutes ne demandent pas le même bagage : le tableau ci-dessous situe les plus jouées.
| Morceau | Ce qui vous attend | Niveau indicatif |
|---|---|---|
| « City of Stars » | Mélodie posée sur un balancement d’accords, tempo tranquille | Dès la première année dans les arrangements simplifiés |
| « Mia & Sebastian’s Theme » | Ostinato arpégé à la main gauche, mélodie rêveuse ; la version complète s’anime dans sa partie centrale | Deux à quatre ans de pratique |
| « Audition (The Fools Who Dream) » | Ballade à accompagner comme une voix, avec de longues phrases à soutenir | Intermédiaire |
| « Another Day of Sun » | Tempo enlevé, syncopes à tenir sans fléchir du début à la fin | Confirmé |
| « Epilogue » | Suite finale qui traverse les thèmes du film, du murmure au brillant | Confirmé |
Les autres pages des songbooks, de « A Lovely Night » à « Planetarium », complètent ce parcours. Pour situer ces objectifs parmi d’autres morceaux de début d’apprentissage, notre sélection de morceaux de piano faciles pour débutants donne des points de repère.
Où trouver les partitions en toute légalité
La musique de La La Land est une œuvre protégée : composée en 2016 par un auteur en pleine activité, elle restera sous droits pendant des décennies. Inutile donc de la chercher sur IMSLP, réservée au répertoire libre, et les PDF « gratuits » qui circulent sont des copies illicites, souvent fautives. Notre guide des partitions de piano gratuites explique où passe la frontière entre domaine public et œuvre protégée.
Côté papier, le songbook officiel est publié par Hal Leonard en trois formats : piano-chant-guitare, piano facile et piano seul de niveau intermédiaire. Chacun rassemble dix pièces du film, de « Another Day of Sun » à « Epilogue » en passant par « City of Stars » et le thème principal. Comptez une vingtaine d’euros le recueil.
À l’unité, les plateformes licenciées vendent des arrangements à quelques euros. Tomplay décline « City of Stars » en quatre niveaux, du très facile à l’intermédiaire, en partitions interactives ; Noviscore consacre une page entière au film, avec des niveaux progressifs et une aide de lecture qui affiche le nom des notes pour les débutants ; Musicnotes propose « Mia & Sebastian’s Theme » en version courte ou complète, dans des arrangements transposables ; Quickpartitions couvre aussi la chanson phare. Pour garder un support papier sur le pupitre, notre rayon de partitions de piano rassemble des recueils, musiques de films comprises.
Comment travailler le thème principal
1. Installer l’ostinato de la main gauche
La main gauche répète un motif arpégé qui donne au thème son balancement. Isolez-le, jouez-le en boucle jusqu’à ce qu’il tourne sans y penser, avec un doigté fixe et un poignet souple. Cette mécanique doit devenir un tapis régulier : la mélodie viendra s’y poser sans le déranger.
2. Poser la mélodie et la faire chanter
À la main droite, le thème s’expose en phrases courtes, presque parlées. Travaillez-les seules d’abord, en soignant les fins de phrases, puis assemblez les mains par tranches de quatre mesures, à vitesse réduite. La mélodie doit rester au premier plan, un cran au-dessus de l’ostinato. Si le déchiffrage freine, notre méthode pour lire une partition de piano reprend les bases pas à pas.
3. Trouver le balancement, puis le rubato
Le charme du thème tient à sa souplesse : il avance, se suspend, repart. Stabilisez d’abord un tempo régulier, puis autorisez de petites respirations aux fins de phrases, l’enregistrement du film en oreille pour caler ces inflexions. Le rubato se gagne après la régularité, jamais avant : une pulsation intérieure solide donne à ces libertés leur élégance.
Les erreurs à éviter
Commencer par la version complète
La partie centrale du thème, plus animée, décourage en quelques séances un pianiste qui débute. Solution : partez d’un arrangement simplifié ou de la version courte, menez-le au bout, puis étoffez. La progression par paliers entretient l’envie de jouer.
Figer le tempo
Joué au cordeau, note contre note, le thème perd sa rêverie et sonne comme un exercice. Solution : gardez une pulsation intérieure stable, mais laissez respirer les fins de phrases, à la manière d’un pianiste de jazz qui raconte plus qu’il ne récite.
Noyer l’ostinato sous la pédale
Une pédale tenue trop longtemps transforme l’arpège de la main gauche en nappe confuse. Solution : changez-la à chaque nouvelle harmonie, par touches brèves, et vérifiez que chaque note de l’ostinato reste audible sous la mélodie.
Questions fréquentes
Le thème récurrent du film s’intitule « Mia & Sebastian’s Theme », composé par Justin Hurwitz. Sebastian le joue dans le restaurant où Mia l’entend pour la première fois, et il revient à chaque tournant du récit jusqu’à l’épilogue. Il existe en version courte et en version complète, plus développée dans sa partie centrale.
Les arrangements simplifiés, vendus du très facile au facile sur les plateformes licenciées, se jouent dès la première année : la mélodie est posée et le tempo tranquille. Les versions complètes, en piano solo ou en piano-chant, demandent un niveau intermédiaire, surtout pour tenir l’accompagnement en chantant.
Non. La musique de Justin Hurwitz est protégée par le droit d’auteur : elle est absente d’IMSLP et les PDF gratuits qui circulent sont des copies illicites. Les sources légales sont les songbooks officiels publiés par Hal Leonard, autour d’une vingtaine d’euros, et les plateformes licenciées comme Tomplay, Noviscore, Musicnotes ou Quickpartitions, à quelques euros l’arrangement.
Justin Hurwitz a écrit toute la partition du film de Damien Chazelle, les paroles des chansons étant signées Benj Pasek et Justin Paul. Aux Oscars 2017, il a reçu la statuette de la meilleure musique originale, puis celle de la meilleure chanson originale pour « City of Stars », déjà lauréate d’un Golden Globe.
Non : tout est écrit note à note sur les partitions, et un pianiste au bagage classique peut les jouer telles quelles. Une oreille familière du swing aide en revanche à phraser le thème avec la souplesse voulue, et le film sert souvent de porte d’entrée vers le piano jazz, l’univers de son héros.
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