Shure SM7B, SM57 et SM58 : trois dynamiques qui ont fait l’histoire


Peu de marques peuvent aligner trois micros aussi célèbres : le SM7B, voix officielle du podcast et de la radio, le SM57, couteau suisse posé devant tous les amplis de guitare du monde, et le SM58, indestructible standard de la scène. Trois dynamiques Shure, trois usages, et une réputation de fiabilité qui traverse les générations. Nous détaillons ce que chacun fait de mieux, le vrai point de vigilance du SM7B, et la variante SM7dB qui le résout.
Le micro dynamique, une philosophie
Les trois partagent la même technologie : une bobine mobile, sans électronique fragile ni alimentation fantôme obligatoire. Un dynamique encaisse les forts niveaux, tolère les pièces non traitées puisqu'il capte peu la réverbération lointaine, et survit à des décennies de service. C'est l'inverse du statique à large membrane, plus sensible et plus détaillé, mais plus exigeant sur l'environnement : les deux familles se complètent plus qu'elles ne s'opposent.
SM7B : la voix broadcast, à condition d'avoir le gain
Descendant du SM7 de 1973, micro sur lequel Michael Jackson a enregistré la voix de « Thriller », le SM7B règne sur les studios de radio et les podcasts : voix charnue et présente, rejet remarquable des bruits de la pièce, filtre anti-pop intégré et commutateurs de courbe à l'arrière. Autour de 400 €, c'est l'achat d'une carrière.
Son point de vigilance est connu : un niveau de sortie très bas, typique des dynamiques d'étude. Il réclame beaucoup de gain propre ; sur une petite interface, on finit avec le préampli à fond et un souffle audible. Les interfaces récentes à fort gain s'en sortent, sinon un booster en ligne type Cloudlifter, alimenté par le 48 V, ajoute la vingtaine de décibels manquante.
Avantages
- +La référence de la voix parlée et chantée en studio, du broadcast au metal
- +Rejet des bruits ambiants et de la réverbération, idéal en pièce non traitée
- +Filtre anti-pop et suspension intégrés, commutateurs de courbe
- +Construction Shure : un micro qui se transmet plus qu'il ne se remplace
Inconvénients
- −Niveau de sortie très bas : exige une interface à fort gain ou un booster en ligne
- −Tarif d'engagement, accessoires de flexion et câble non fournis
SM7dB : le même, avec le préampli dedans
Shure a réglé la question du gain en 2023 avec le SM7dB : même capsule, même son, mais un préampli intégré commutable à +18 ou +28 dB, alimenté par le 48 V de l'interface. Branché sur n'importe quelle interface d'entrée de gamme, il donne un niveau confortable sans matériel additionnel, et le préampli se contourne d'un commutateur si votre chaîne n'en a pas besoin.
Avantages
- +La capsule et le son du SM7B, sans le problème de gain
- +Préampli intégré commutable +18/+28 dB, désactivable
- +Fonctionne sur toute interface avec alimentation fantôme 48 V
- +Idéal podcast et streaming : niveau propre dès le branchement
Inconvénients
- −Plus cher que le SM7B nu
- −Nécessite le 48 V en permanence quand le préampli est actif
SM57 : le couteau suisse des instruments
Le SM57, que nous ne référençons pas au catalogue à ce jour, mérite sa légende : depuis 1965, il capte les amplis de guitare, les caisses claires et les cuivres de la moitié des disques enregistrés, et il équipe le pupitre des présidents américains depuis des décennies. Sa capsule dynamique encaisse des niveaux extrêmes et sa présence dans les médiums fait ressortir l'attaque des instruments. Un studio peut manquer de tout, rarement d'un SM57.
SM58 : l'increvable de la scène
Le SM58, lui aussi absent de notre catalogue actuel, partage la capsule du SM57 sous une grille boule avec filtre anti-pop : c'est le micro de chant live par définition depuis 1966. Sa bosse de présence fait passer une voix au-dessus d'un groupe, son rejet arrière limite les larsens, et sa réputation de survivre aux chutes n'est pas une légende urbaine. En studio, il dépanne sur tout ; sur scène, il reste la référence contre laquelle les autres se mesurent. Pour un usage de chant à petit budget, notre catalogue propose le Shure PGA58, son petit frère de la série PG Alta.
Lequel pour quel usage ?
- Podcast, streaming, voix off : SM7dB pour l'installation sans souci, SM7B si votre interface a du gain à revendre ou un booster.
- Chant sur scène : SM58, sans débat, ou son cousin PGA58 pour débuter.
- Instruments amplifiés et batterie : SM57, le standard des amplis et des caisses claires.
- Chant en studio traité : un statique à large membrane comme l'AT2020 ou le PGA27 apporte plus de détail ; le SM7B reste roi en pièce imparfaite.
Pour composer la chaîne autour du micro, notre sélection de cartes son précise le gain des interfaces d'entrée de gamme, un critère décisif avec un SM7B, et le rayon micros de studio réunit les modèles disponibles, dont la gamme Shure au complet. Pour capter un instrument acoustique plutôt qu'une voix, notre guide enregistrer son piano chez soi détaille la méthode.
Questions fréquentes
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